Alors l'Alaska? Conforme à mes rêves? Moins bien? Mieux?
Tout simplement rien à voir avec ce que j'imaginais. Et surtout avec des endroits complètement différents les uns des autres.
Mon passage dans la région sud-est (Ketchikan, Sitka et Juneau) restera mon expérience préférée. De par mes rencontres, mon bout de vraie vie alaskaienne, et mon rythme lent mais parfait. Et puis parce que l'atmosphère y était spéciale. Cette atmosphère de "bout du monde" (dont je vous parlais dans un message précédent) que je n'ai plus retrouvée ensuite. Sûrement parce que les villes d'après étaient toutes accessibles par la route. Marrant de voir comme une route change tout.
C'est aussi la partie de l'Alaska ou j'ai le plus eu l'impression d'une communauté artistique très présente. Et ça m'a fait un bien fou de baigner dedans l'histoire de deux semaines. Ça m'a aussi fait un bien fou de bosser avec mes mains... A suivre.
Anchorage ne m'a pas plu. Parce que je n'y ai pas passé assez de temps? J'en doute. Mais je lui donnerai une deuxième chance si j'ai
l'occasion.
Sur le continent, entre Juneau et l'arrivée de Samia, ça a été plus difficile de visiter. Ça ressemble nettement plus aux USA, la voiture
est reine, les camping cars fleurissent, ce n'est plus le même genre de tourisme. Les villes étant reliées par route, tout est bien sûr beaucoup plus étalé, et donc moins accessible au routard qui ne veut pas payer un bras pour la moindre activité ou le moindre trajet. J'aurai peut-être du faire du stop mais ce n'est pas trop mon truc je dois avouer... Et puis il pleuvait. Je n'ai de toute façon aucun regret sur cette partie de voyage non plus : j'y ai rencontré plein de gens sympas et je me suis reposée. Allez jusqu'au cercle arctique m'a donné envie de remonter jusqu'à Prudoe Bay, l'extrême nord de l'Alaska. Ça sera pour une prochaine fois.
En voiture avec Samia tout fut plus facile. C'est là que je me suis rendue compte que l'Alaska nécessite d'y passer beaucoup de temps. Parce que, plus que dans tous les autres pays que j'ai visité, aller d'un point à un autre à un rythme touristique y est très frustrant. La particularité de l'Alaska, c'est que c'est un vaste territoire vraiment sauvage, dans lequel tu peux te balader à pied sur des centaines de kilomètres sans jamais croiser personne, et te sentir au milieu de nulle part. Le problème c'est que pour cela il faut beaucoup de temps, et maîtriser l'interprétation des cartes IGN accessoirement... Donc soit tu te retrouves à utiliser les chemins de rando peu nombreux (mais toujours peu fréquentés c'est l'avantage), soit tu t'enfonces dans la forêt à tes risques et périls, ce que je ne sais pas encore faire (mais saurai faire si je reviens en Alaska). Bon, soyons clairs, il y avait largement assez de randonnées disponibles pour nos quinze jours de vadrouille. Mais quinze jours c'était trop court et on se sent limité du fait de devoir rester dans les "rails". Tu as envie d'y être libre, mais ce n'est pas si facile que ça en a l'air.
En tout cas une chose est sûre : ne vient pas habiter en Alaska n'importe qui. Je n'y ai rencontré que des gens pour qui c'est un réel choix. Certes, ils sont payés par l'état pour vivre ici (environ 1000 dollars par an par habitant), mais ce n'est pas ce qui les motive. En vrac : l'amour de la nature, l'isolement, l'esprit communautaire, leur relative indépendance par rapport au gouvernement, une vie simple, le climat clément (je rigole), et le fait que 8 mois dans l'année les moustiques, les ours et les touristes leur foutent la paix! Je rajouterais pour les hommes le fait qu'il soit justifié de posséder deux 4x4, un quad ET une motoneige, sans avoir à se battre avec sa femme. Quoique, j'ai aussi remarqué qu'une femme n'est pas de première utilité ici. Ça vient clairement après le chien, et souvent après le chat...
Au final, j'aurai "survolé" à peine la moitié de l'Alaska. Et pourtant j'avais un mois et demi. Et je suis sûre que les autres régions (celle au dessus du cercle polaire, les îles du sud-ouest et la région de Nome), sont au moins aussi belles, voir plus passionnantes car moins accessibles.
J'espère que j'y reviendrai. Ça me fait bizarre d'écrire "j'espère" parce que si j'ai bien eu la confirmation d'un truc ici c'est que ça ne sert a rien d'espérer, il suffit souvent de se bouger les fesses.
Et quand je remettrai les pieds ici ça sera avec 399$ pour me payer la sortie "ours au bord de la rivière attrapant le saumon en plein vol"...
Et je viendrai revoir Christie et Colin, qui me manquent.
Mon aventure alaskaienne finie, je pars trois jour voir mes amis Portlandais, avant de rejoindre Tokyo, mes parents et "la môme". Je vais entamer deux mois de chaleur moite asiatique... Samia repart avec tous mes gants, bonnets, vêtements chauds, sac de couchage -20 degrés et matériel de camping... Encore une fois j'ai trouvé une mule pour s'occuper de moi.
Je laisse la place à Yohann et Jean-Marc dans quelques jours puis à Soeur Hélène et Soeur Anne dans deux semaines. J'espère qu'ils
tomberont eux aussi amoureux de l'Alaska.
Une chose est sûre : l'Alaska c'est beaucoup de poubelles anti-ours partout, beaucoup de conseils sur comment se battre avec un plantigrade... Pour très peu d'ours en vadrouille!!
1 commentaire:
Tout va bien!
mon réveil a bien sonné.
j'ai rendu la voiture avec l'essence qui clignotait, sans me perdre.
j'ai fait la mule jusqu'au shuttle.
ton sac de couchage n'a pas été volé.
Ou presque : je suis à créteil, il pleut...snif
bises
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